Lorsqu’on est aux prises avec des problèmes de dettes, que chaque paiement est difficile et que chaque dollar compte, il peut être tentant de piger dans ses REER pour payer ses dettes. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Avant de retirer des fonds de vos REER pour payer vos dettes, vous devriez considérer les éléments suivants :

1. Une partie de votre décaissement sera retenue à la source

Autant il est avantageux de contribuer de l’argent à un REER, il coûte cher d’en retirer. En effet, une partie du montant retiré sera retenue directement à la source par l’institution financière.

  • Pour un retrait de moins de 5 000 $, 21% est retenu à la source
  • Pour un retrait entre 5 000 $ et 15 000 $, 26% est retenu à la source
  • Pour un retrait de plus de 15 000 $, 31% est retenu à la source

Par exemple, si vous avez besoin de 10 000 $ pour payer le solde d’une carte de crédit, vous devrez en fait retirer plus de 13 500 $ de vos REER pour toucher les 10 000 $ requis. Et cela n’inclus pas l’impôt que vous devrez payer sur l’argent retiré (cet argent s’ajoutera à vos revenus aux fins du calcul de vos impôts à payer).

2. Il est possible que vous deviez payer des frais de sortie sur vos placements

Si l’argent dans vos REER est investi dans des placements comme des fonds communs, il est possible que vous ayez des frais à payer pour liquider ces placements.

La raison est que bien des placements viennent avec des frais de sortie, c’est-à-dire un pourcentage de frais à payer pour sortir des fonds avant un certain nombre d’années. Le pourcentage diminue généralement au fil des années, ce qui veut dire qu’il est plus coûteux de sortir un jeune placement qu’un placement datant de plusieurs années.

3. Les montants retirés s’ajouteront à votre revenu imposable

Aux fins d’impôt, les sommes retirées de vos REER sont comptabilisées comme du revenu, au même titre qu’un revenu d’emploi par exemple. L’impôt que vous aurez à payer pourrait être encore plus salé que prévu si le retrait REER vous fait passer à une fourchette d’imposition supérieure.

Par exemple, si vos revenus de base sont de 42 000 $ par année et que vous retirez 5 000 $ de vos REER, votre revenu imposable s’élèvera à 47 000 $. Cette augmentation de vos « revenus » vous fera passer d’un taux d’imposition marginal de 31% à 37%. Au final, ce retrait de 5 000 $ vous coûtera environ 1 700 $ en impôt additionnel (attention aux dettes d’impôt).

4. Hypothéquez-vous votre retraite pour payer vos dettes ?

L’objectif premier de cotiser à ses REER est de se bâtir un fond de retraite. Vous ne pourrez pas travailler toute votre vie et il viendra un jour où vous aurez besoin de décaisser vos REER afin de subvenir à vos besoins. De moins en moins de gens bénéficient d’un fonds de pension de leur employeur alors le REER est devenu indispensable pour une majorité des Québécois à la retraite.

Si vous pigez dans vos REER à répétition, vous ne faites que reporter le problème à plus tard et il se pourrait que moins de solutions soient disponibles à vous à ce moment. Il est certainement plus difficile de se qualifier pour des solutions comme la consolidation de dettes lorsque nos revenus sont plus faibles (comme c’est le cas à la retraite).

5. Vos REER ne sont pas saisissables en cas de faillite

Bien que vous n’êtes probablement pas rendu au point de devoir déclarer faillite, il est rassurant de savoir que vos REER ne seraient pas saisissables dans cette éventualité (à l’exception de vos contributions dans les 12 mois précédent la faillite).

Cela veut dire que si votre situation financière devenait encore plus difficile et que vous deviez recourir à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, vos créanciers n’auraient pas le droit de toucher à vos REER. L’objectif de la Loi est justement de protéger vos économies en vue de votre retraite.

Quand est-ce un bon moment de retirer ses REER avant la retraite ?

Malgré que ce soit généralement une mauvaise idée de faire des retraits de ses REER avant la retraite, il existe quelques exceptions à la règle :

  • Pour RAP-er. Le Régime d’accession à la propriété (RAP) permet à une personne n’ayant pas été propriétaire au courant des 5 dernières années de retirer jusqu’à 25 000 $ de ses REER sans que ce montant ne soit imposable. Il faut toutefois remettre le montant retiré dans ses REER dans les 15 ans suivant le retrait.
  • Pour retourner aux études. Le Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) permet à une personne de retirer jusqu’à 20 000 $ de ses REER sur une période allant jusqu’à 4 ans afin de retourner sur les bancs d’école.
  • Pour stabiliser ses revenus temporairement. Si vous êtes sans emploi, en congé prolongé ou que votre entreprise connait une mauvaise année, vous pourriez retirer de l’argent de vos REER afin de compenser le manque de revenus. Dans cette situation, étant donné que vos revenus sont faibles, le taux d’imposition sur vos retraits REER sera très bas et vous n’aurez que très peu d’impôt à payer.
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